Qu’est ce que j’aime Couleur Café !
7 juil. 2008
Couleur Café n’a pas failli à sa réputation : cette année encore des cocktails corsés à prix démocratiques, des mets exotiques de là-bas et d’ailleurs, des artistes de qualité en veux-tu en voilà, le tout dans une ambiance zoukée « vents du désert »…
En ce vendredi 27 juin, j’avais investi les lieux juste à temps pour écouter Kery James, un rappeur franchouillard qui jouait ce soir à l’ouvreur de bal … Le beat s’entendait de loin, c’était du lourd, je me rapproche et j entends marteler dans tous les sens des « hard core », même pas en rythme, merci l’écho ! Au final pas trop dérangeant ce décalage, il a donné une touch’ psychédélique à ce rap un peu trop carré pour moi. Je me fraye un chemin au plus près de la scène, ça hurle, ça rappe, ça connaît les textes par cœur, ça s’entrechoque, je me mets dans le bain et je shake gentiment des reins. Les paroles je les ai pas vraiment catchées alors je vais éviter de donner davantage mon avis sur ce concert…en observateur déjà un peu alcoolisé, je dirai que l’artiste était totalement fan de la Belgique, pays dont il a crié le nom au moins 43 fois et que le public aimait ça, tu penses ! Il a mis le feu à une bonne moitié du chapiteau et pourtant c’est chaud chaud les marrons de commencer à 18h15. Donc, ce sera une mention pour la prestation de Kery.
Avant la fin, je m’éclipse, ah l’appel du daiquiri et du Claude MC… dans un tourbillon de poussière, mes pieds sont déjà tout gris, je papotte avec ma copine de la suite du programme. Même si on crève la dalle, l’endurance ça nous connaît, on opte pour un apéro prolongé devant l’ouverture du Solaar show. Il nous lâche dès le deuxième morceau, le Nouveau Western ! Ca fait plaisir. On sirote notre verre, on ondule, on relâche les quelques vers dont on se souvient.
Génération zapping, assez bu, trop faim, on s’arrache… Un petit laotien nous fait de l’œil, ni une ni deux, on s’enfile une big assiette gourmande : boulettes de bœuf, ailes de poulet, salade mixte aux herbes de là-bas, riz basmati avec des fruits secs d’ici, piments et sauce secrète. C’est miam, un véritable délice ( à prononcer avec un accent viet’ approximatif). Oui bon, vous vous en tapez peut être mais c’est aussi ça Couleur Café, c’est chiller…et la bouffe, c’est le must des chills. Des saveurs plein le palet, autrement dit la bouche pleine, on chantonne les Temps Changent.
On se rappelle ce temps où on avait 15 ans et des enroules à deux balles qui nous faisaient tripper.
L’estomac bien arrondi, nous voilà reparties vers le MC…on le retrouve torse poil pour un Solaar Pleure qui n’a rien de rigolo. Il est à fond dedans : l’œil du tigre, une agilité féline et une capacité à s’immobiliser quand il veut que les mots raisonnent. Un brin d’exhibitionnisme, un chouia de mégalomanie mais aussi une grosse dose d’amours, amour du public et de la musique. Arborant son célèbre sourire, il nous salue. Aaah, il porte bien son nom, il est littéralement solaire, le solaar.
Encore un peu de patience et beaucoup de rhum… pause pipi, blabla et glou et glou…et enfin, les organisateurs l’annonçent. On l’attendait et elle n’aura déçu personne. Le clou de la soirée sera en effet Madame Erykah Badu. Retour sur un concert d’une beauté sans nom. Diva à ses heures, l’artiste s’est d’abord fait quelque peu désirer, sans doute pour qu’on ne manque pas son entrée. Avec la classe digne d’une déesse antique, drapée dans un tissu de lumière, à pas de loups, elle a pris possession de l’espace en posant sur nous un regard aussi doux que déterminé. Ca, c’est ce que j’appelle une apparition. Que la magie soit. Pas besoin d’un haut chapeau, d’un lapin et d’une chiée de tours, non elle, sa voix et ses deux chignons démesurés suffisent. Une Nu-Soul de luxe, des musiciens et des choristes tout simplement parfaits, une Erykah encore plus bluffante que j avais osé l’imaginer…elle lâche les chiens, comme on dit dans le jargon. Entre velours, or pur et coton, les nuances du timbre de la chanteuse nous ont tous fait voyager loin, très loin. A la fois hyper moderne et traditionnelle, sa musique n’appartient qu’à elle et pourtant elle la partage avec aisance, énergie et générosité. Je la connaissais sur CD et j’avais adhéré mais là je suis restée bouche bée, j en redemande, Erykah, j’irai où tu iras…
Y a pas que moi qui est touchée par la Erykah Mania, le styliste Tom Ford en a fait l’égérie de son nouveau parfum!
vidéo :
vidéo amateur prise dans la foule bruxelloise ce 27 juin…Le titre s’appelle Apple Tree et c’est trop beau, tentez de faire abstraction de la voix bien gutturale du fan qui s’emballe !
voici une petite vidéo bien plus proprette… annie don’t wear no panties, c’est cadeau !
liens :
www.couleurcafe.be
www.keryjames.com
www.solaarsystem.net
www.erykahbadu.com













7 juil. 2008 à 15:00
Mouais, pour un festival musique du monde, je trouve dommage de limiter la musique du monde aux musiques afro/latino et encore du facile. L’asie centrale et du sud-est, l’indonesie, la chine le japon, les cultures amerindiennes, le moyen orient, l’inde, la russie, l’oceanie et d’autres cultures ne sont jamais representées c’est un peu bobo neuneu comme approche et a la lecture du post on se dit que si les cultures du monde c’est des ailes de poulet grillés, un daiquiri et du rap (fut-il chanter par un africain) ben on est pas prendre d’elever le niveaux et d’amorcer le dialogue enfin si ça amuse les gens et leur donnent bonne conscience c’est pas grand choses mais faudra s’en contenter.
7 juil. 2008 à 15:36
je tiens juste a dire que le post représente la soirée de notre blogueuse et ce qu’elle avait envie de voir.
Pour ce qui est de la programmation c est pas faux.
7 juil. 2008 à 22:00
en réaction au premier commentaire, je suis bien d’accord avec l’argumentation de diane. Couleur café ne représente pas toutes les musiques du monde et je comprends que pour certains cela soit regrettable. Je pense qu’ Esperenza propose plus de diversité. De plus, si les concerts que j’ai commenté restent dans un cadre commercial, ce n’est pas par hasard, c’etait un choix. Pour ce qui est de l’adjectif, bobo neuneu, je suis assez d’accord aussi
côté auto dérision, je me défends pas mal… je peux rajouter que je portais mes rayban pilotes et que j’avais trop bon :p. Le festival n’échappe pas vraiment à la logique de l’économie capitaliste et à aux tendances de la mondialisation à savoir réduire la diversité culturelle à des plats soit disant typiques et à des artistes de couleur qu’il soient issus de la scène rap, r’n'b, etc… en tout cas, erykah badu m’aura mis une claque
8 juil. 2008 à 21:24
pour vous ouvrir les oreilles (desolée si j’insiste le commentaire semble etre bloqué)
pour l’asie du sud-est
myspace.com/denguefevermusic
en.wikipedia.org/wiki/Dengue_Fever_(band)
sleepwalkingthroughthemekong.com/
dontthinkiveforgotten.com/
pour l’indonésie
gamelan.to/
pour la rencontre chine, inde, mali, iran
liufangmusic.net/cds/duo_and_ensembles.html#silk
pour le melange altaï (tuva/mongolie) et rock
yat-kha.com/html/what/yat_kha_cd_recovers.php
pour le melange mongolie/inde/okinawa/indonesie
HAMASAKI
Ikue ASAZAKI & DAIKICHI YOSHIDA
HIGH CONTRAST RECORDINGS (JPN), 2007
pour une approche punk du shamisen japonais
domo.com/yoshidabrothers/
les compiles zanzibara, les compiles ethiopiques sur le label buda
le label soundway pour une autre vision de l’afrique (nigeria et ghana) et de l’amerique du sud (colombie)
le label sublime frequencies surtout pour l’asie
le label trikont pour une vision décalée de la musique du monde
le distributeur farsidemusic.com/
de quoi vous occuper jusqu’à noël
8 juil. 2008 à 21:44
merci pour tous ces précieux liens !
9 juil. 2008 à 2:22
de rien c’est cadeau
un blogueur français,
hache tetepe 2 point slash slash berceuse.electrique.over-blog.com/
pour les reflexions autour des musiques du monde
et une mediathecaire
hache tetepe 2 point slash slash bruxellesbangkokbrasilia.wordpress.com/
et je ferai amende honorable pour vous proposer le site we we we we .bbc.co.uk/food/
plein de bons petits plats d’ici et d’ailleurs
voila j’arrete de vous envahir pour vendre ma soupe et vous laisse decouvrir le monde version amundsen, il y a beau avoir internet et proximus mais il faut une sacrêe volontê pour qu’on se rapproche tous.
ps:
continuer resto tendance !